Le stress en milieu comptable
L’ENOES, école de comptabilité, d’audit et de gestion a organisé le 19 mars dernier une conférence dédiée au stress en milieu comptable, animée par Jean-Luc Haziza, médecin spécialiste et conférencier-formateur expert de la gestion du stress, Ivan Tuil, formateur et auteur d'un mémoire sur le stress et le burn out de l'expert-comptable, membre du comité d'accompagnement des experts-comptables en difficulté, et Isabelle Cham, coach et mentor (Conférence ENOES « Le stress en milieu comptable », 19 mars 2019).
La conférence a mis en lumière ce sujet délicat, voire tabou, qui ne doit pourtant pas être tu ou minoré étant donné les ravages qu’il peut provoquer. En ces temps quelque peu agités pour la profession comptable, la question est d’autant moins à négliger.
Le stress professionnel en quelques chiffres
Hormis les drames humains qu’il peut provoquer, le stress en milieu professionnel représenterait en France un coût de 3 Md€ et 50 % des arrêts de travail et du déficit de la sécurité sociale car, au-delà du « burn out » en tant que tel, les pathologies qui sont en réalité des conséquences directes du stress au travail sont nombreuses. Le coût humain et financier du stress au travail est donc lourd.
Le stress est le fait, pour un individu, de ressentir que la situation à laquelle il est confronté dépasse ses ressources de réaction. Une définition plus médicale du stress est la suivante : ensemble des réactions biologiques, psychiques et physiologiques d’adaptation à une situation. D’une réaction normale et salvatrice au départ, le stress devient une réaction coûteuse en énergie physique et psychique s’il est trop intense ou prolongé.
Stress, anxiété, burn out en quelques mots/maux
L’analyse cérébrale du stress
Comme point de départ, il est intéressant de noter que l’analyse cérébrale du stress est toujours la même : la situation de stress est traitée en premier par le thalamus qui transmet ses informations à l’amygdale, l’hippocampe et le cortex préfrontal. Tous ces éléments étant situés dans le « centre de commande » du cerveau, on voit bien que les effets physiques et psychiques du stress sont naturellement susceptibles d’avoir des impacts significatifs dans le corps humain car le cerveau distribue l’énergie vitale au corps.
Quid de la somatisation ?
Somatiser est le fait d’être victime de troubles physiques qui sont directement liés à des troubles d'ordre psychologique, qui en découlent.
La somatisation est donc la gestion physique du stress.
Identifier les symptômes et la nature du mal associé
En pratique, les symptômes physiques du stress sont nombreux : baisse de productivité, présentéisme, crispations musculaires (crampes, torticolis, lumbagos), maladies de peau, insomnies, épuisement, prise de poids, pathologies digestives (allant jusqu’aux rectocolites, etc.) voire immunodépression et maladies graves.
On observe trois phases successives dans ces symptômes, allant crescendo : la phase d’alarme, la phase de résistance, puis celle de l’épuisement.
Mettre les bons mots sur ces symptômes n’est, en réalité, pas toujours simple.
De ce point de vue, il existe tout d’abord une différence notable entre stress et anxiété. En effet, le stress est associé à une raison, un événement ou une situation précise. Le stress devient anxiété quand les symptômes du stress, évoqués ci-avant, se manifestent sans origine identifiée, mais suite à diverses causes suffisamment floues pour que le sujet ne sache pas les isoler ou les déterminer.
Le syndrome d’épuisement professionnel ou « burn out » correspond, lui, à la forme majeure de stress chronique. Il est également défini comme « une dépression d’épuisement avec une cause professionnelle ». Pour résumer ses manifestations physiques, les spécialistes utilisent l’expression « l’é-cy-v-é ! » pour « épuisement, cynisme et vide émotionnel ».
Signalons également que le stress d’un individu retentit sur son entourage, avec des conséquences parfois dramatiques (rupture de la communication avec ses enfants, son conjoint, voire divorce...).
Tableau comparatif entre burn out et dépression (*) | ||
|---|---|---|
Symptôme | Burn out | Dépression |
Fatigue | Très importante | Variable |
Tristesse | Variable | Très importante |
Origine | Sphère professionnelle | Sphère privée |
Perte de plaisir | Principalement au sein de la sphère professionnelle | Généralisée |
Récupération | Temporaire | Non |
Risque suicidaire | Plus faible | Important |
Insomnie | Généralisée | Variable |
Épuisement | Émotionnel | Émotionnel |
Lien | Le burn out peut conduire à la dépression | Les antécédents de dépression peuvent favoriser l'apparition du burn out |
(*) Source : mémoire d'Ivan Tuil, « Le burn out de l'expert-comptable : comprendre la diversité de ses causes pour mieux les prévenir et appréhender ses conséquences », mai 2019. | ||
Mesurer le stress au travail et en identifier les causes pour mieux y remédier
Mesurer le niveau de stress professionnel au sein du cabinet ou de l’entreprise
Il est important, dans un premier temps, de mesurer l’ampleur du stress professionnel présent au sein de l’entité et auquel sont soumis les individus qui y travaillent.
Chaque individu présente un niveau différent de résistance naturelle au stress, mais il faut rappeler que les dirigeants, et pas uniquement leurs collaborateurs, sont aussi susceptibles d’être submergés par le stress professionnel.
L’auto-diagnostic de l’expert-comptable pour mesurer son propre niveau de stress professionnel en tant que dirigeant ou celui de ses équipes (et, si besoin, le niveau de stress pour chacun des membres des équipes) peut s’appuyer sur un modèle mis au point en 1979 par un psychologue américain, Robert Karasek.
Le questionnaire de Karasek est un outil d’évaluation des facteurs psychosociaux au travail. Il s’agit d’une mesure collective du bien-être au travail qui permet d'estimer globalement la santé mentale au sein d’une entreprise.
Ces analyses sont, à notre avis, valables à la fois pour tous les professionnels du chiffre (dirigeants tout comme collaborateurs, exerçant en cabinet d’expertise comptable et d’audit ou en entreprise), mais aussi plus généralement pour tous les professionnels.
Identifier les causes
Il est ensuite essentiel d’identifier les principales causes de ce stress au travail. Bien entendu, les exigences quantitatives et qualitatives du milieu professionnel dans lequel chaque individu évolue figurent au premier rang de ces causes. Mais les modes de management inadaptés, voire agressifs, ou des directives « floues » de travail sont également des sources majeures de stress.
Focus sur les cabinets d’expertise comptable
Les experts-comptables et le stress intense
Dans bien des cas, ce sujet reste en réalité tabou et, pourtant, force est de constater que les experts-comptables associés, dirigeants, sont eux aussi touchés par le stress intense et le burn out. Une étude menée par Ivan Tuil, mémorialiste, auprès de 600 experts-comptables révèle que bien des collaborateurs de cabinets comptables travaillent régulièrement plus de 50 h/semaine avec des accalmies assez rares et, s’agissant des experts-comptables eux-mêmes :
-11 % reconnaissent avoir eu un burn out ;
-50 % connaissent un expert-comptable qui a été victime de burn out ;
-90 % des professionnels victimes de burn out indiquent qu’ils n’ont pas été accompagnés dans cette épreuve ;
-96 % des répondants n’ont jamais suivi de formation de prévention du burn out.
On notera, par ailleurs, que la source de stress principalement citée par les experts-comptables est la pression des échéances (voir tableau ci-après).
Parmi ces facteurs de stress figurent, entre autres, la relation avec la clientèle ou l'incertitude sur l'avenir du cabinet. Or, en ces temps de réformes réglementaires et de digitalisation croissante des activités traditionnelles des cabinets voire de concurrence accrue, la profession comptable est d'autant plus exposée au stress et ce phénomène risque de ne pas s'amenuiser à court et moyen termes.
Les facteurs de stress (en % de réponses des experts-comptables n'ayant pas été victimes de burn out) | |||
|---|---|---|---|
Origine du stress de l'expert-comptable | Exposition très fréquente | Exposition fréquente | Total |
La pression des échéances | 55 % | 37 % | 92 % |
Les évolutions réglementaires permanentes | 40 % | 38 % | 78 % |
Une exigence d'excellence toujours supérieure | 28 % | 46 % | 74 % |
La relation avec la clientèle | 23 % | 49 % | 72 % |
La nécessité d'une continuelle mise à jour des connaissances | 22 % | 43 % | 65 % |
La peur de l'erreur ou de l'omission | 20 % | 43 % | 63 % |
Le maintien de la rentabilité des missions | 16 % | 45 % | 61 % |
La relation avec l'équipe | 11 % | 42 % | 53 % |
La confrontation aux problèmes personnels et psychologiques des clients | 13 % | 34 % | 47 % |
L'incertitude sur l'avenir du cabinet | 10 % | 33 % | 43 % |
Les déplacements professionnels | 6 % | 26 % | 32 % |
Le manque de confiance en soi | 5 % | 20 % | 25 % |
Les conditions matérielles de travail | 3 % | 18 % | 21 % |
(*) Source : mémoire d'Ivan Tuil, « Le burn out de l'expert-comptable : comprendre la diversité de ses causes pour mieux les prévenir et appréhender ses conséquences », mai 2019. | |||
Prise de conscience des institutions
Face à ces chiffres, on comprend l’utilité manifeste du numéro vert Prévention Burn out (le 0 800 501 201) mis en place depuis un an par l’Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France et la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris, en partenariat avec l’observatoire Amarok. Ce numéro vert donne accès à une unité d’accompagnement des experts-comptables et commissaires aux comptes, confrères et consœurs en difficulté.
Quelles solutions ?
Les règles d'or
Éviter le cocooning
Le cocooning (c’est-à-dire le fait de se reposer dans un confort douillet) ne figure pas parmi les solutions recommandées. Bien au contraire, les professionnels en la matière incitent plutôt à l’action, et même à oser se mettre dans des situations inédites afin d’exercer ses capacités d’adaptation et de gestion émotionnelle.
Les modérateurs de stress
S'agissant de la posture professionnelle, les qualités à développer sont notamment la bienveillance, la positivité et la gratitude. En situation de travail, trois catégories d’attitude sont en général recensées : voir son travail avec ses collègues avec des œillères (de manière détachée voire isolée), agir en mercenaire avec ses collègues (travailler à la fois durement et de manière à passer devant les autres) ou bien agir avec cœur. Bien souvent, « la posture fait la force ».
Les éléments suivants, qui impactent en pratique à la fois la posture de chaque individu et ses relations de travail, sont d’efficaces modérateurs de stress :
-préserver un rythme de sommeil suffisant et régulier ;
-réduire la consommation d’excitants (café, caféine, etc.) ;
-adopter une alimentation adaptée ;
-maintenir un exercice physique régulier ;
-réduire l’incidence de sa vie professionnelle sur sa vie privée (limitation de la durée des trajets domicile/travail, organisation fiable de la garde des enfants, etc.) ;
-s’affirmer tout en respectant les autres ;
-écouter ses collègues avec empathie ;
-arrêter de travailler de façon « addictive » (ce qui suppose de pouvoir et savoir déléguer).
Management d'équipe
En complément de ces recommandations pour soi-même, en termes de management d’équipe cette fois-ci, il est recommandé à l’expert-comptable d’appliquer les règles suivantes :
-faire partie intégrante de son équipe afin de ne pas s’isoler, car le burn out survient souvent en situation d’isolement ; il s’agit également de coacher et motiver ses équipes en organisant, par exemple, des événements de partage ou encore ludiques ou festifs ;
-savoir se déconnecter afin de restaurer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée (ceci faisant écho aux développements ci-dessus) ;
-prévoir régulièrement des rendez-vous avec soi-même, c’est-à-dire des occupations, des loisirs intéressants afin de lâcher prise et de se détendre ;
-faire une courbe de charge annuelle pour anticiper les échéances, les surcharges et …organiser des temps d’arrêt (idéalement, 4 jours d’affilée chaque mois) ;
-s’aérer et prendre la lumière (installer son bureau près d’une fenêtre, marcher à la pause de midi, recourir à la luminothérapie, etc.), autant d’agréments ou de stimuli qui améliorent les conditions de travail et changent les idées pour déconnecter ;
-muscler ses émotions. Cela peut passer, par exemple, par le fait de se choisir un « tuteur de résilience », c’est-à-dire une personne vivante ou décédée qui soit un modèle de résistance aux épreuves et à laquelle on peut se référer dans les moments de fatigue.
Se fixer des objectifs de vie
Pour mettre en œuvre efficacement l’ensemble de ces règles, notamment la dernière, des formations de coaching personnel ou de mentoring en ligne peuvent être envisagées.
Mais, en tout état de cause, il s’agit de règles de bon sens impliquant, pour l’expert-comptable comme pour tout un chacun, de connaître ses objectifs de vie. Attention, ces objectifs doivent être réalisables, car le burn out est aussi intimement lié à la peur de l’échec.
Dans le même sens, il est également recommandé à chacun de déterminer trois valeurs qui lui sont essentielles : une valeur sans laquelle sa vie serait triste, une autre sans laquelle il tomberait certainement malade et une dernière valeur sans laquelle il ne pourrait tout simplement pas vivre (par exemple, l’amour, la liberté, etc.).
Prévoir une convention d’assistance et d’entraide avec un autre expert-comptable
Enfin, le fait de prévoir une convention d’assistance et d’entraide avec un autre professionnel peut « sauver » psychologiquement l’expert-comptable temporairement terrassé par un burn out et préserver la pérennité de son cabinet (car dans les faits, le burn out génère un empêchement temporaire de travailler).
À défaut de convention d’assistance et d’entraide, une administration temporaire du cabinet peut être mise en place par le conseil régional de l’Ordre des experts-comptables. Néanmoins, il est toujours préférable, en pratique, d’anticiper plutôt que d’avoir à gérer dans l’urgence.
La profession comptable est d'autant plus exposée au stress en ces temps de réformes, mais aussi du fait des révolutions organisationnelles et fonctionnelles liées à la transformation numérique.
Un numéro vert Prévention Burn out a d'ailleurs été mis en place depuis un an par l’OEC de Paris Île-de-France et la CRCC de Paris.
Réduire le stress en milieu comptable passe, comme ailleurs, par un comportement à la fois bienveillant et stimulant, de l'encadrement managérial, et de chacun.
Préserver un équilibre vie professionnelle/vie privée constitue un élément clef de prévention du stress chronique et de sa forme la plus redoutable : le burn out.
Experts-comptables, pensez à mettre en place une convention d'assistance et d'entraide avec un confrère dans l'hypothèse où un empêchement temporaire de travailler interviendrait.
Il est, en effet, primordial de réagir dès l'apparition des signes physiques et psychiques de stress chronique pour en éviter les effets dramatiques.
Entrevue avec Jean-Luc Haziza
Docteur Haziza, vous êtes auteur du livre « Vaincre son stress », aux éditions Érick Bonnier, pouvez-vous nous dire quelles sont les pathologies les plus fréquentes associées aux stress observées dans les cabinets d’expertise comptable ?
Tout d'abord, les syndromes d’anxiété : l’anxiété se définit par une sensation de mal-être intermittente par accès aigus ou même permanente, mais sans raisons réelles apparentes. Les nuits deviennent moins réparatrices, émaillées d’insomnies, l’épuisement de l’organisme guette. D’ailleurs, cet épuisement moral et physique représente un des signes caractéristiques du burn out qui est assimilé à une « dépression d’épuisement avec la composante travail. »
Ensuite, viennent les pathologies digestives comme les spasmes, les inflammations comme les colites, les ulcères de l’estomac et les troubles du transit.
Figurent également parmi les pathologies liées au stress professionnel des troubles métaboliques : une prise de poids, une hypertension artérielle, le diabète.
Par ailleurs, les douleurs chroniques dues au stress sont responsables de nombreux arrêts de travail : migraines, douleurs articulaires (vertèbres), maux de ventre ou encore douleurs de muscles comme les trapèzes en fin de journée.
Enfin, il a été démontré que le stress provoque une diminution des défenses immunitaires, le sujet stressé est plus sensible aux infections. Plus grave, l’immunodépression relative subie pendant le stress chronique peut déclencher un cancer.
Comment analyser le phénomène du stress chronique au travail ?
Dans les années 40, le psychologue Abraham Maslow a établi sa fameuse classification des besoins de l’être humain, dans une hiérarchie pyramidale portant à sa base les besoins physiologiques primaires (alimentaires, repos...) , au sommet, le besoin d’accomplissement de soi et aux stades intermédiaires les besoins de sécurité, d’appartenance et d’amour, les besoins d’estime.
Le psychologue Mc Clelland, dans les années 60, évalue les besoins davantage en lien avec le milieu professionnel que le modèle de Maslow. Il reconnaît, déjà, une part d’épanouissement personnel au travail, à travers la valorisation ressentie dans le rôle professionnel.
Plus récemment, le paysage de nos entreprises a changé. Est-ce à cause de la mondialisation, de la crise économique, de la précarité de l’emploi, des open-spaces, de la concurrence sur les marchés… ? Toujours est-il que l’ambiance en entreprise en a pâti. Résultat : le stress au travail tuerait plus que la cigarette.
Les experts-comptables, en particulier, vivent une phase de mutation de leur métier avec la digitalisation et ils ont besoin en outre de s'adapter à l'évolution continue de la législation.
Quelles solutions face à ce constat ?
Une des voies qui m'apparaît pertinente est de retrouver la culture d’appartenance de nos aînés, pour recréer le « Je suis heureux, épanoui et fier de travailler dans cette entreprise ».
Dans la démarche d'humanité qui est la seule possible, chacun d'entre nous possède les moyens intelligents d’œuvrer, autour de lui, dans ce sens du respect et de la bienveillance. D’autant que dans le contexte actuel, les difficultés que génère la crise économique aident à prendre conscience du caractère précieux du travail et de la tâche ardue de la direction, à tel point aussi que le législateur a dû poser un cadre légal sur la santé au travail : l’employeur est tenu de veiller à la santé physique et mentale de ses employés (c. trav. art. L. 4121-1 et L. 4121-2), il a une obligation de moyens et de résultats et, de même, chaque employé est responsable de sa santé et de celle de ses collègues. Il a le devoir de rapporter un éventuel problème dépisté (c. trav. art. L. 4122-1).
S’agissant plus particulièrement du burn out, les victimes risquent-elles d’en garder des séquelles indélébiles ou y a-t-il résilience ?
Le stress, quelle que soit son origine, a toujours le même cheminement dans le cerveau. Je compare volontiers notre cerveau à une boîte électrique. Avec la circulation électromagnétique des informations, la comparaison est assez juste. Le stress va atteindre les neurones (nos cellules du cerveau) et perturbe leur fonctionnement, un peu comme des courts-circuits pour reprendre l’image.
Le burn out, quant à lui, est dévastateur : c’est le compteur qui prend feu ! La personnalité en est endommagée. Comme un vase brisé, on aura beau recoller les morceaux, ce ne sera jamais comme avant ! Bien sûr, il faut nuancer en fonction de chaque cas et de la gravité de son burn out. J’ai eu maintes fois à m’occuper de personnes après leur burn out. Beaucoup se retrouvent en invalidité, incapables de reprendre leur travail. D’autres, moins atteintes, reprennent à temps partiel après un long arrêt de travail. Souvent, elles cherchent une autre orientation professionnelle pour fuir les responsabilités.
Ces propos invitent à la prévention. En matière de burn out, il faut avant tout prévenir, car en guérir est beaucoup plus aléatoire. L’information sur les risques est donc capitale. En effet, très souvent, le candidat au burn out ne réalise pas lui-même qu’il entre dans une spirale infernale. Il voit qu’il est moins performant et cherche à compenser par une augmentation d’heures de travail. Il travaille chez lui le soir et le week-end, sans être nécessairement productif, jusqu’à s’épuiser physiquement et mentalement. À ce stade, il faut souvent que ce soit l’entourage qui déclenche la sonnette d’alarme et qui devra presque l’obliger à consulter le médecin, à s’arrêter. Il est donc capital d’être formé à reconnaître les symptômes avant-coureurs pour dépister un collaborateur à risque de burn out et pour intervenir précocement.
En conclusion, le problème du stress au travail est devenu un problème de santé publique qui préoccupe les autorités du pays, et au cas particulier, les conseils ordinaux des experts-comptables. Il convient de diffuser une information claire et pertinente au sein des cabinets afin d’apprendre à prévenir les formes graves, dont le burn out.










