| Date de parution: 07/2008 Qu'est-ce qu'un score ? Une fonction score permet de qualifier une entreprise de saine ou de défaillante en lui associant un score prédictif d'une probabilité de défaillance : le score est calculé en sommant une sélection de ratios (calculés à partir des états financiers de l'entreprise), après les avoir affectés d'un coefficient de pondération (contribution du caractère discriminant du ratio au score). Pour juger de la pérennité d'une entreprise, un score ne peut pas être utilisé seul, il constitue un élément de diagnostic parmi d'autres. La limite de son pouvoir prédictif est inhérente à sa construction, basée exclusivement sur des états financiers à une date donnée. Remarque : Ainsi, un score ne peut prendre en compte, par exemple : - ni un changement d'activité ; - ni l'ouverture ou la fermeture brutale d'un marché ; - ni un litige entre les actionnaires qui pourrait se dénouer de façon défavorable. Même au niveau de l'information financière, des changements successifs de date de clôture d'exercices qui masqueraient des pertes, ou bien des impayés, peuvent échapper au score. Enfin, l'utilisation idéale d'un score est de tenir compte, au-delà de la note obtenue par une société pour un exercice, de la tendance d'évolution du score sur plusieurs années. La démarche de l'AFDCC Un groupe de travail de l'AFDCC vient de finaliser la nouvelle fonction « Score AFDCC 2008 ». Par rapport aux scores AFDCC élaborés en 1997 et 1999, le score 2008 fait intervenir les liquidités et les cash flows auxquels il donne une place importante. C'est d'ailleurs pourquoi il peut aussi être adapté aux bilans anglo-saxons. Ce nouveau score AFDCC 2008 sera disponible sur le marché à la fin de l'année : les credit managers en disposeront, ainsi que d'un logiciel de calcul, sur le site de l'AFDCC. Remarque : Le score AFDCC 2008 a été construit sur un échantillon (statistiquement représentatif) de 369 000 sociétés commerciales, toutes formes juridiques confondues (SNC, SCS, SA, SCA, SARL, EURL), de chiffre d'affaires supérieur à 300 K€. L'analyse discriminante entre entreprises saines et entreprises défaillantes qui a débouché sur une combinaison de ratios pondérés et bornés a été conduite sur les liasses fiscales des exercices 2004 et 2005. Parmi les sociétés de l'échantillon, 4 800 ont été défaillantes en 2007 (cessation de paiements, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire). Les travaux ont été menés sur la base de données Diane (Bureau van Dijk Édition électronique, co-édition avec Coface-services), qui référence les données financières d'un million d'entreprises françaises depuis 1989. Les tests du score effectués sur une population défaillante en 2007 ont donné des résultats de prédiction de la défaillance d'ici 18 à 24 mois satisfaisants : par exemple, parmi les entreprises défaillantes en 2007 sur lesquelles le score a été appliqué, plus de 75 % avaient obtenu, 18 mois avant la défaillance, un score les classant en « risque élevé » ou en « risque très élevé ». La pondération des ratios de la fonction 2008 sera revue tous les ans en fonction des données de la base Diane. Par ailleurs, le score AFDCC devrait également être mis à disposition des clients de Diane. Six secteurs d'activité L'AFDCC a élaboré six fonctions score pour les secteurs suivants : - l'industrie ; - le commerce de gros ; - le commerce de détail (y compris les hôtels, cafés, restaurants) ; - les transports ; - la construction (BTP) ; - les services. Les ratios retenus La base des données du score Les ratios de la fonction score sont calculés à partir des données issues des quatre premiers tableaux des liasses fiscales (bilan et compte de résultat : tableaux 2050, 2051, 2052, 2053). Six ratios Les ratios dont les valeurs sont apparues discriminantes pour toutes les entreprises (hors sociétés holding et établissements financiers) et qui sont ainsi retenues dans la fonction score AFDCC 2008 sont les suivants : - la taille ; - la rentabilité opérationnelle (EBIT, en % du chiffre d'affaires) ; - le rapport intérêts financiers/EBITDA ; - le fonds de roulement (en jours de CA) ; - la trésorerie nette (en jours de CA) ; - le rapport du cash flow courant à l'agrégat « endettement moyen + % CA + % capitaux propres ». (Le pourcentage de chiffre d'affaires prend ici en compte le financement nécessaire de la croissance, et le pourcentage de capitaux propres, la rémunération des actionnaires.) Les retraitements pour le calcul La définition des ratios impose de retraiter certaines données comptables. Le calcul de l'EBIT suppose de retraiter : - les loyers de crédit-bail ; - les gains et pertes de change ; - pour le secteur du transport, les opérations en capital (neutralisation) ; - la participation des salariés. Pour le calcul du cash flow courant, la production immobilisée est déduite. Enfin, la trésorerie nette est déterminée en estimant l'endettement théorique à partir du montant des intérêts financiers. Utilisation du score Le calcul du score AFDCC 2008 pour une société lui attribue une note sur 20, entre 1 et 19, au demi-point près. Cette note qualifie le risque de défaillance de l'entreprise analysée, mesuré par une probabilité de défaillance.
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