Dans les organisations en difficulté de liquidités, il existe presque toujours un moment particulier : celui où, en réunissant pour la première fois les responsables de l'administration des ventes (ADV), de la comptabilité, du commerce et de la direction, chacun réalise que les autres savaient, que la situation était connue de tous, et que personne n'avait choisi de la nommer ni d'agir.
C'est ce que l'on pourrait appeler l'angle mort collectif, c'est-à-dire la réalité financière que les équipes ont appris à ne pas regarder en face parce qu'elle dérange, parce qu'elle engage des responsabilités, parce qu'elle oblige à remettre en cause des habitudes installées. Bien au-delà d'un simple rôle de gardien des chiffres, le rôle du DAF s'avère crucial car, par exemple, dans les organisations où la trésorerie se dégrade, souvent, les signaux sont connus, mais ils ne sont ni partagés ni traités collectivement et le premier acte du directeur financier, c'est justement de le dire.