La vision d’une société à mission – Interview de Henriette de Robillard - Responsable Marketing et RSE au sein du cabinet PALO IT
Quels conseils donneriez-vous à une organisation qui souhaite se lancer dans la démarche de se constituer société à mission ?
Le dispositif juridique étant nouveau, il peut y avoir de nombreux tâtonnements sur la manière dont chacun appréhende ce qui doit être mis en place pour devenir société à mission. Le côté « légal » peut d’ailleurs faire peur. Plutôt que de rester dans la réflexion et le questionnement, nous avons préféré nous lancer dans l’action. Cela nous a permis de rentrer dans la déclinaison opérationnelle plus rapidement et de nous lancer dans un processus d’amélioration continue par rapport à nos engagements statutaires.
Je conseillerais d’adhérer à la communauté des entreprises à mission dès le départ afin de bénéficier du réseau et de l’expérience de nos pairs. Cette démarche nous a permis d’avancer rapidement et de trouver des réponses concrètes sur des points opérationnels de mise en œuvre de la mission.
Certaines questions juridiques peuvent se poser suivant la structure de l’organisation et il est alors essentiel de pouvoir avoir recours à un conseil juridique ou un avocat pour y répondre. Composer son comité de mission le plus en amont possible est également recommandé car il peut s’avérer assez compliqué de mobiliser des expertises externes spécifiques à la mission. Enfin, je recommanderais ne pas aller trop vite, afin de pouvoir engager les collaborateurs au fil du développement du projet.
Après quelques mois d’expérience, quels bénéfices voyez-vous pour votre entreprise ?
La qualité de société à mission nous a permis de structurer notre démarche RSE, de lui donner « un squelette » et de consolider notre gouvernance.
Alors que certaines populations dans le cabinet étaient, au départ, prudentes vis-à-vis de ce projet, devenir société à mission a donné de l’emphase à la démarche RSE déjà engagée et au positionnement innovant du cabinet. De nombreux collaborateurs se sont, depuis, mobilisés et ont accédé à des formations sur certains sujets RSE tels que l’éco-conception ou l’impact. Cette démarche a eu un effet boule de neige vertueux sur les collaborateurs, a renforcé notre politique RSE et le positionnement du cabinet sur le marché.
Par rapport à des labels RSE qui sont majoritairement déclaratifs et avec des critères identiques quel que soit le secteur d’activité de la société, la qualité de société à mission donne une liberté incroyable pour créer et innover tout en obligeant l’entreprise à avoir une démarche robuste. Ce dispositif juridique est un garde-fou face à l’utilisation de la RSE comme simple instrument marketing et au greenwashing.